
Port-Royal ou l'abbaye de papier
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Madeleine Horthemels (1686-1767)
15 septembre 2011 - 15 août 2012
organisée par le musée national de Port-Royal des Champs

Intimement liée à l’histoire de la destruction de l’abbaye de Port-Royal des Champs, la suite, gravée dans le feu des événements, achevait de fixer l’image d’un monastère que le roi très chrétien voulait faire disparaître. L’artiste, liée par conviction et par liens familiaux avec les milieux jansénistes, fonda une iconographie simple et efficace, qui connut un succès qu’elle n’avait peut-être pas espéré elle-même, participant tout au long du XVIIIe siècle à la construction de l’image visuelle et mentale de l’abbaye martyre. D’images militantes pour la défense de la communauté des Champs, ces gravures devinrent, dès les années 1720, icônes, images pieuses avant d’être hissées, dès 1750, au rang de témoignages archéologiques.

Une étonnante postérité
La vogue des gravures imaginées à la fin du règne de Louis XIV par Madeleine Horthemels perdura tout au long du XVIIIe siècle. Plusieurs artistes s’emparèrent de ces motifs, par conviction personnelle ou dans l’espoir de tirer profit de leur succès. Nicolas Bocquet proposa une nouvelle version de grand format, dont cinq planches nous sont aujourd'hui connues (cat. 33-36). Nicolas Gautrot (?-1739) imagina de nouvelles scènes (cat. 19, 20, 22, 30) ; Jacques Chéreau (1688-1776) édita une grande vue du choeur des religieuses (cat. 24) ; un certain Masson reprit certaines scènes originales, comme la Vue perspective de Madeleine Horthemels (cat. 17).
De la feuille volante à l'édition
Aux quinze estampes primitives Madeleine Horthemels ajouta une série de huit vignettes d’illustration. Encadrées de cartouches rocaille ovales ornés de coquilles, elles étaient conçues pour l’édition (cat. 37-41). Pieter Yvert (1712-1787), artiste hollandais, grava une vue générale inspirée de la vue depuis l’orient placée en tête des Mémoires de Nicolas Fontaine en 1738 et de Pierre Thomas du Fossé l’année suivante (cat. 46).
Douze planches furent gravées à partir des motifs de Madeleine Horthemels pour être disposées en tête de chaque mois du Nécrologe de l’abbaïe de Notre-Dame de Port-Roïal des Champs de Charles-Hugues Lefebvre de Saint-Marc, publié en 1723 (cat. 45). Les Tableaux historiques de l'abbaye de Port-Royal des Champs renferme dix-huit vues dont treize furent gravées d’après la première suite (cat. 57).
De délicates images pieuses
L’art de Madeleine Horthemels a aussi inspiré plusieurs séries de gouaches, toutes peintes sur parchemin (cat. 58-75). L’utilisation du vélin resta la règle pour les illustrations des livres liturgiques jusqu’à la Révolution. La suite de quinze pièces, achetée par l’État aux héritiers d’Augustin Gazier, semble la plus aboutie (cat. 58-72).
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CommissairesChristine Gouzi, maître de conférences à Paris-Sorbonne, Paris-IV
Philippe Luez, directeur du musée national de Port-Royal des Champs
Production et communication
Marie-Laura Grenier, Marie-Emily Robert, Mastère d'histoire moderne
Alexandra Istrate, Marie-Aymée de Rivasson,
Mastère Ingénierie de la Culture et de la Communication
Université de Versailles-Saint-Quentin
Jean-Baptiste Martin
Scénographie et lumières
Gilles Bonnet, Alain Lefort, Association pour le Rayonnement de Port-Royal
Etienne Pelissier, Yvelinédition
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Le catalogue est édité par Yvelinédition
Le musée remercie tout particulièrement Bernard GAZIER et la Société de Port-Royal, sans lesquels cette exposition n'aurait pas été possible.
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