Port Royal des Champs

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Philippe de Champaigne

Philippe de Champaigne (1602-1674) et Port Royal

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Jean-Baptiste de Champaigne
Philippe de Champaigne (1668)
Paris,musée du Louvre
© RMN

Biographie

Né le 26 mai 1602 à Bruxelles, Philippe de Champaigne y étudie la peinture. En 1621, il part pour Paris avec le paysagiste Jacques Fouquières. Appelé en 1628 par Claude Maugis, intendant des bâtiments de Marie de Médicis il reçoit plusieurs commandes, notamment pour le Palais du Luxembourg.

Jusqu'en 1643, il travaille presque exclusivement pour le roi Louis XIII et son principal ministre, cardinal de Richelieu.

Rendu à une relative liberté à la mort de ses deux protecteurs, Philippe de Champaigne s'affirme comme portraitiste de la haute société parisienne, ecclésiastique, noblesse d'épée et surtout parlementaire. Il œuvre pour les paroisses de la capitale et pour les ordres religieux.

L'artiste entre en relation avec l'abbaye de Port-Royal vers 1646, date à laquelle les « amis du dehors » lui commandent le portrait posthume de l'abbé de Saint-Cyran. Deux ans plus tard, il met ses filles pensionnaires à Port-Royal de Paris. Françoise y meurt en 1655 et Catherine y prend le voile en 1657.

Philippe de Champaigne donne de nombreux tableaux pour les deux monastères de Paris et des Champs. Il peint les directeurs, les solitaires et la mère Angélique Arnauld à son retour à l’abbaye des Champs en 1654. En 1662, il exécute son chef d'œuvre, l'Ex-Voto, peint en action de grâce, pour la guérison miraculeuse de sa fille.

Quels tableaux Philippe de Champaigne – ou son neveu Jean-Baptiste, d’après des œuvres de son oncle – a-t-il exécuté pour Port-Royal des Champs ? La Cène pour le maître-autel de l’abbatiale en 1652, réplique de celle exécutée en 1648 pour le couvent parisien ; Les Pèlerins d’Emmaüs et une Vierge dans le transept nord ; Le Bon pasteur sur le mur sud de la nef ; l’Ex-Voto de 1662, Saint Bernard, Saint Benoît, pour la salle du chapitre. Dom Clémencet y signale également le portrait de la mère Angélique. La gravure de Madeleine Horthemels y montre l’Ecce Homo, entre l’Ex-Voto et la Vierge de douleur.

Peinture religieuse

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Philippe de Champaigne
Madeleine pénitente
Rennes, musée des beaux-arts
RMN

Philippe de Champaigne, peintre religieux majeur de la première moitié du XVIIe siècle, est devenu dans les mémoires le peintre de Port-Royal, tant pas la qualité des œuvres qu’il réalise pour cette communauté que par les liens personnels qui l’unissent à elle.

Lorsque sa fille prend le voile au monastère de Paris, il lui offre, en gage d’affection paternelle, les demi-figures de saint Jean-Baptiste (musée de Grenoble) et de la Madeleine (musée de Rennes).

Le reste de sa production reste dans la limite voulue par les religieuses elles-mêmes, particulièrement celles fixées par la mère Angélique qui voit dans l’art plus un divertissement qu’un support de dévotion.

Les thèmes traités sont en rapport direct avec la dévotion de la communauté : culte du Saint-Sacrement et Passion du Christ.

Les répliques de la Vierge de douleur ou du Bon pasteur par Jean-Baptiste de Champaigne, neveu de l’artiste, ont peut-être été réalisées vers 1664, lorsque les réfractaires sont rassemblées aux Champs, comme une volonté d’abolir les distances et maintenir l’unité d’une communauté écartelée.

 

Portraits de Jansénistes

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Philippe de Champaigne
Duvergier de Hauranne, abbé de Saint- Cyran
Musée de Port Royal
© RMN

Peintre « janséniste », Philippe de Champaigne a toutefois peint un nombre restreint de portraits de religieuses ou de solitaires de Port-Royal :

deux portraits de la mère Angélique, un de la mère Agnès, un de la sœur Catherine de Sainte-Suzanne Champaigne (ces deux derniers étaient des études pour l’ex-voto de 1662), un de Saint-Cyran, un de Barcos, un de Singlin, deux de Lemaître de Saci, peut-être un (perdu) d’Antoine Arnauld ;

trois portraits de solitaires seulement : deux d’Arnauld d’Andilly (avant sa retraite à Port-Royal, et un après elle et peut-être posthume) et un de Louis de Pontis (destiné au frontispice de l’édition posthume de ses Mémoires).

Les « Solitaires » ne sont pas soumis aux mêmes rigueurs que les filles de Port-Royal ; la tribu Arnauld appartient à ce milieu de gens de robe qui compte parmi la clientèle du peintre.

Mais, par humilité autant que par systèmes, les fidèles de Port-Royal répugnent à se faire portraiturer.

La plupart de leurs portraits ont été brossés à titre posthumes (Saint-Cyran) ou exécutés à leur insu, en vue de la publication d’un livre (Pierre Nicole) ou en manière d’action de grâces (la Mère Agnès).

Témoin impuissant des premières mesures royales contre Port-Royal, Philippe de Champaigne meurt à Paris le 13 août 1674.

Les religieuses de Port-Royal le mentionnent dans leur obituaire comme « bon peintre et bon chrétien ».


 

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